400 ans d'histoire

depuis 1602,

4 siècles d'histoire.

Vals fut découverte sous Henri IV et sera servie quelques années plus tard et pour bien longtemps à la cour des rois de France. Parmi les plus anciennes sources exploitées, elle fait pétiller l’Ardèche et la France au rythme de ses bulles depuis 1602.

La légende

Certains affirment que les eaux de vals étaient connues des Romains, mais rien ne permet d’attester cette légende.

Et c’est plutôt en 1602 qu’il faut situer la découverte : un jeune pêcheur dénommé Martin Brun* vit alors qu’il longeait la rivière Volane, un bouillonnement particulier sur l’une des rives. Alors gravement malade, il s’arrêta et bu l’eau de la source qui se révélait à lui. Il s’en trouva bien et finit même par guérir quelques années plus tard.

Cette découverte de la « bonne fontaine », comme l’appelaient les villageois, ou de la source « Marie » comme la baptisera plus tard Marie de Montlor, comtesse d’Ornano et baronne d’Aubenas fut suivi de plusieurs autres : d’abord Marquise, puis la Camuse, la Dominique, la Magdelaine et la Saint-Jean. Bien d’autres suivront au cours des siècles.

* Selon les sources, le prénom diffère : Martin ou Pierre.

« Je trouve du prodige dans vos eaux de vals qui sont également bonnes pour des maux contraires.»

Madame de Sévigné à sa fille, Madame de Grignan (13 juillet 1689)

Reconnue jusqu’à la cour des Rois de France

Les eaux de vals acquirent peu à peu leur notoriété, à travers les écrits des différents médecins et apothicaires qui en vantèrent les vertus.

Dès le début du XVIIe siècle, les témoignages se succèdent pour décrire les bienfaits de cette eau dont celui du célèbre Claude Expilly, président au parlement de Grenoble, atteint de la « maladie de la pierre », autrement dit de calculs rénaux.

Les indications des eaux de Vals sont alors très étendues : maux de têtes et migraines, épilepsie, vertige, problème de foie, de rate et d’estomac, coliques et calculs rénaux, menstruations douloureuses… François Chomel, conseiller et médecin du Roy y conduisait alors ses malades malgré la difficulté d’accès, les chemins n’étant pas cabossés. Le nombre des buveurs ne faisait que croître et la réputation des eaux de Vals s’étendait sans cesse.

Ainsi furent révélées les eaux de Vals dont les bienfaits attirèrent un nombre croissant de buveurs, dont de plus en plus de gens de cour. La marquise de Sévigné notamment vanta leurs mérites dans ses lettres. Elle consacra la vogue des eaux de Vals qui furent très vite expédiées à la Cour de Versailles.

Quelque temps plus tard, Louis XV lui-même fit usage des eaux de Vals, comme il l’écrivit à son petit-fils, l’Infant Ferdinand de Parme :

« Ma santé est très bonne, mon cher petit-fils. Je prends actuellement des eaux de Vals quatre jours de la semaine, mais qui ne m’empêchent de rien, ne me purgeant pas. »

De grands noms font référence aux eaux de Vals. Ainsi, Jean-Jacques Rousseau, dans ses Confessions (livre VI), nous parle brièvement de « ces eaux de Vals » que son médecin lui aurait conseillées.

« J’ai reçu tant de soulagement des fontaines de vals et tant de faveurs et tant de courtoizies des habitants du lieu que je ne leur en puis rendre assez de grâces (…) J’allay boire des eaux de ces sources : là, je recouvray ma première santé de sorte que depuis je n’ay eu aucune resantiment de pierre ou gravelle, dont j’étoys si travaillé, que j’avoy presque perdu l’espérance de pouvoir désormais passer un seul iour sans douleur et incommodité. »

Claude Expilly, premier président du parlement de Grenoble (1609-1610)

Histoire de bouteilles

A la fin du XvIIIe siècle, les eaux de vals sont connues dans toute la France, expédiée jusqu’à la Cour de versailles.

Elles étaient livrées en bouteilles en verre de 5 à 9 livres (soit 2,5 à 4,5 litres). Chaque caisse était accompagnée d’un certificat d’authenticité avec un cachet que l’on retrouvait également sur les bouteilles.

Au XIXème siècle, on expédiait l’eau de Vals dans d’élégantes bouteilles de forme oblongue. Avec les années, les étiquettes changent mais les bouteilles sont exclusivement en verre jusqu’en 1985, date à laquelle la bouteille en PVC vient compléter la gamme permettant ainsi de donner un nouvel élan au développement de la Vals.

Au début du XXème siècle, 12 millions de bouteilles sortent de l’usine d’embouteillage; Les 30 millions de bouteilles sont expédiées avant la seconde guerre mondiale, grâce notamment aux toutes premières installations d’embouteillage automatiques installées dès 1926.

Cependant, cette seconde guerre mondiale suspend l’essor Valsois. L’entreprise vivra ensuite de multiples difficultés et ne retrouvera sa renommée qu’avec la reprise par André Curinier, son « refondateur moderne ».

Aujourd'hui

Ce n’est pas moins de 40 millions de bouteilles qui sortent de la même usine chaque année. L’eau de Vals est largement distribuée en France et appréciée pour sa fine pétillance, sa légèreté et ses bienfaits : on peut en boire à tout moment, pour se rafraîchir, pour récupérer d’un effort ou pour faciliter sa digestion.

Sources // « Petite histoire des eaux de Vals » par Maurice Uzan (1947) // Note d’hydrologie historique « L’eau de Vals dans la littérature » par Henri-Paul Touzet (1925)